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MUSODEV, LES FILLES MALIENNES A L’ASSAUT DU CODAGE INFORMATIQUE

Michaelange - 13/06/2020 5239 Views 0 Commentaire

[Le Journal du Geek Africain] – En Afrique de l’Ouest, précisément au Mali, une entreprise sociale nommée MUSODEV a décidée de parier sur l’avenir de la jeune fille dans les TIC.

Fondée en 2018 par une jeune fille ayant multiples casquettes, cette ASBL qui a pour vocation l’intégration de la jeune fille africaine dans les domaines des sciences et des nouvelles technologies semble bien réussir son coup malgré les innombrables difficultés que son environnement lui oblige de surmonter
.

De quoi orienter notre rédaction sur sa direction, afin d’explorer l’univers de ces jeunes filles amoureuses du codage informatique.

Nous  rappellons à nos lecteurs que les propos de cet entretien n’engagent que son auteur.

Entretiens réalisé par Michael'Ange Bossassi-epole


Le JTGA : Bonjour Mme, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs?
P.M.S : Je suis Porcho Marguerite SOGOBA, Coach, ingénieure en informatique, autodidacte, entrepreneure et fondatrice de MUSODEV.

Le JTGA : Que pouvons-nous retenir de votre parcours jusque-là ?
P.M.S : Après l’obtention de mon baccalauréat en série scientifique, j’ai intégré la Faculté des Sciences et Techniques de Bamako, où j’ai étudiai les Mathématiques, la Physique et la Chimie avant de me spécialiser en informatique.
A présent, je suis coach, formatrice, présidente et fondatrice de MUSODEV.

 


Porcho Marguerite SOGOBA

Le JTGA : Qu'est-ce qu'est MUSODEV?
P.M.S : MUSODEV est une organisation à but non lucratif œuvrant pour l’autonomisation des femmes et jeunes filles dans les TIC, dont la mission est de mieux aider les femmes et jeunes filles à faire carrière dans les TIC.

Le JTGA : D'où vous est venue l'idée de créer cette structure ?
P.M.S : Dès le bas âge, j’ai eu la chance d’avoir accès à un ordinateur à la maison, même si je n’y comprenais rien, j’en étais fascinée.

Après mes études primaires et secondaires, j’ai décidé d’étudier l’informatique à l’université. Durant ce parcours, j’ai très vite remarqué que les femmes y sont moins représentées.

A l’époque j’avais créé un blog du nom de MUSODEV, dont le but était de mettre sous la lumière ces quelques femmes qui ont osées se lancer dans le monde des technologies.

Très vite, j’ai constaté beaucoup d’engouement de la part des femmes et jeunes filles que je côtoyais ou qui me suivaient sur les réseaux sociaux, c’est ainsi que naquit MUSODEV  en Décembre 2018.

 


sources : archives MUSODEV

Le JTGA : Quels en sont les objectifs et la mission ?
P.M.S : Nous restons convaincus que doter les femmes de compétences solides dans différents domaines des TIC constitue un moyen pour leur épanouissement et leur autonomisation.

Les objectifs poursuivis sont de donner des opportunités de développement aux femmes et aux jeunes filles à travers les TIC, de concevoir, développer et promouvoir la participation des femmes aux métiers liés aux TIC, Promouvoir la formation professionnelle et l’accompagnement des femmes et des jeunes filles à travers les TIC.

Mais aussi, mettre en place des solutions technologiques permettant la prévention ainsi que la sensibilisation sur les problèmes courants dont les femmes et les jeunes sont victimes. Notre vision se résume en ce que les femmes et jeunes filles soient informées sur les opportunités liées aux TIC afin qu’elles soient dotées de compétences leurs permettant de saisir les opportunités qui leurs sont offertes.

Nous pensons qu’à travers les TIC, les femmes et jeunes filles deviennent des actrices du changement local.

Le JTGA : Pourquoi avoir choisi ce secteur d'activité parmi tant d'autres ?
P.M.S : Au-delà des opportunités qu’offre ce secteur, la raison sous-jacente qui a motivée ce choix est d’une part mon parcours scolaire, universitaire et professionnel et d’autre part, la volonté de contribuer à la réduction des disparités hommes, femmes dans les Sciences Technologies Ingénierie et Mathématiques (STIM, ndlr).

Le JTGA : Que proposez-vous comme services et/ou programmes ?
P.M.S : Vecteur de développement, le numérique offre de multiples opportunités mais les femmes et les jeunes filles ne s’y intéressent pas par ignorance dans la plupart des cas.

Ainsi toutes nos actions vont dans le sens de la sensibilisation, du renforcement de capacités, à travers l’enseignement et l’apprentissage.

À MUSODEV, nous aidons les femmes et jeunes filles à s’en saisir tout en œuvrant pour atteindre les objectifs de développement durable afin de formaliser ce processus, nous avons lancé le programme de formation MUSODEV CODE ACADEMY (MUSCOA).

C’est un programme de formation de 09 mois, dont 6 mois de formation et 3 mois de stage en entreprise. Il concerne plusieurs domaines de formation (Développement web et mobile, Webmarketing, community management, e-commerce). Ces formations sont données en fonction de l’orientation choisie par les apprenantes.

Il existe également des modules complémentaires tels que la gestion d’entreprise, le leadership et le développement personnel.
L’objectif de ce programme est de donner des formations de qualité aux femmes en adéquation avec le marché de l’emploi et de l'entrepreneuriat digital. Ce qui constitue pour elles un pas vers l’autonomisation car ces compétences, une fois acquises, leur ouvriront la porte à des emplois décents ou à l’auto-emploi.

Cependant depuis 2012, le Mali traverse une crise sécuritaire qui effrite les chances d’autonomisation des femmes. C’est pourquoi nous avons décidé de nous investir dans les activités ayant trait aux questions de paix, de vivre ensemble, de bien-être et de lutte contre les violences basées sur le genre.

Ce qui favorise l’installation d’un environnement propice aux activités visant à offrir aux femmes et jeunes filles un lendemain.
En plus des activités classiques de renforcement de capacités et de communication, les nouvelles technologies de l’information et de la communication constituent notre principal outil de travail.

Nous croyons que l’utilisation efficiente et efficace de ces outils, peuvent fortement contribuer à l’avènement de la paix, du vivre ensemble au Mali et la réduction des violences basées sur le genre.

En effet selon le rapport 2012/2013 du DHS (Demographic Health Survey) dès l’âge de 15 ans, près de quatre femmes sur dix (38%) ont subi des violences physiques et autres. C’est pour cela que nous avons mise au point l’application (prototype) Zéro VBG « Zéro VBG », une plateforme web et une application mobile d’information et de sensibilisation sur les violences basées sur le genre.

A travers cette application nous souhaitons: Informer sur les différents types de violence existantes, faciliter la reconnaissance de ces violences, informer sur les endroits où se rendre en cas de violences, fournir un espace de discussion anonyme entre victimes afin de s’exprimer et de dénoncer ces violences, fournir une assistance psychologique aux victimes en mettant à leurs dispositions des psychologues, servir de canal de communication et d’information pour les différentes structures évoluant dans le domaine, cartographier des différentes zones de violences et servir d’ outils de collecte de données.

Le JTGA : Quels sont les chiffres clés à retenir pour l'exercice 2019 ?
P.M.S : En 2019, nous avons formés plus de 160 personnes sur les opportunités de choix de carrière dans les TIC, la violence basée sur le genre ainsi que les techniques de recherche d’emploi à l’ère des réseaux sociaux.


sources : Remise de diplmômes après une formation organisée par MUSODEV

Le JTGA : Quelles ont été les difficultés rencontrés au courant de cette année et comment les avez-vous contournées ?
P.M.S : Étant une nouvelle organisation à but non lucratif, le premier défi auquel nous fûmes confrontés émanait de la logistique (pas de local, pas d’équipements) et des ressources humaines (formateurs et mentors).

Il fallait rapidement remédier à cela, donc avec la secrétaire générale nous avons utilisés notre réseau de contact afin d’embaucher des formateurs bénévoles et avons pu également disposer de la salle d’informatique d’un complexe scolaire comme lieu de formation.

Le second défi était de faire financer nos projets et activités, n’ayant pas de fonds, ni de partenaires financiers, nous avons jugés nécessaire d’offrir des services en création de sites web, community management à certaines ONG et entreprises. C’est ainsi que avons pu prendre et équiper un local et financer certaines activités.

Le JTGA : Avec la crise liée à la covid-19, comment se sont déroulés vos activités ?
P.M.S : Notre monde fait face à une crise sanitaire sans précédent, beaucoup d’événements et programmes ont été annulés, reportés ou simplement suspendus.

Il était important pour nous de changer la façon dont nous interagissons les uns avec les autres afin de diminuer les risques de contamination tout en continuant les activités. C’est ainsi que nous décidâmes d’user des avantages des nouvelles technologies, en ce sens où nous travaillons désormais en mode télétravail et les cours se tiennent désormais à distance.

Le JTGA : En perspective, dans un environnement post-covid pensez-vous réaménagé vos activités ?
P.M.S : Avec la Covid-19, nous avons découvert combien internet et les réseaux sociaux peuvent être de puissants outils qui nous permettent d’élargir notre champ d’action.

Oui, les activités seront réaménagées, nous prévoyons déjà pour la reprise des cours en présentiel pour le mois de juillet, mais également à la digitalisation à 100% de notre organisation afin de répondre aux besoins des femmes et jeunes au-delà de nos frontières.

Le JTGA : Un dernier message pour vos sœurs qui nous lisent ?
P.M.S : Étant dans le monde des technologies, je ne peux qu’encourager mes sœurs à s’y intéresser davantage.
Le monde actuel subit une transformation numérique sans précédent, et cela se fait sentir dans presque tous les domaines d’activités. C’est pour cela que la plupart des métiers dits “Métiers de demain” sont en pleine émergence.

Rêvez grand, visez loin, commencez petit et ne laissez personne ou aucune circonstance vous éloigner de vos objectifs.

Ayez la soif d’apprendre, performez-vous tant que vous le pouvez, cherchez des mentors qui pourront vous accompagner et vous conseiller, n’ayez pas peur de l'échec.

C’est de cette manière que nous pourrions assurer la relève et garantir le futur que nous voulons pour nous même et nos descendants.


Le JTGA : Merci.

 

 

 

 

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Web Rédacteur passionné du Numérique, des Sciences, des Technologies, de l’Ingénierie, de l’entrepreneuriat et de la Communication Numérique.

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